Le département Politique et Religion du Collège des Bernardins a publié fin janvier  « Retrouver le goût de l’aventure européenne ». Soit dix propositions pour un avenir personnaliste de la civilisation européenne.

Le personnalisme pour nourrir le débat sur l’avenir de l’Europe.

« Nous souhaitons réhabiliter le personnalisme : cette idée que l’individu est un sujet de droit parce qu’il possède une dignité infinie, qui ne peut toutefois s’épanouir que par autrui au nom du bien commun » explique l’historien orthodoxe Antoine Arjakovsky dans un entretien au journal La Croix.

Fondé par Emmanuel Mounier au début des années 1930, le personnalisme, courant d’idées recherchant une troisième voie entre le capitalisme libéral et le marxisme, prônent comme valeurs principales le respect et la dignité de la personne. Une vision chrétienne de la politique, sans faire du christianisme une condition d’appartenance, qui s’attache à une vision de la société dans son ensemble, une communauté de personnes, qui rejette le totalitarisme et se définit dans notre relation à l’autre en rejetant l’individualisme.

De nombreuses voix s’élèvent aujourd’hui pour replacer l’être humain au cœur du projet européen. Déjà en 2014, Henri Malosse, alors Président du Comité Économique et Social européen, exhortait les dirigeants européens a « redonner un sens à la construction européenne, et ce sens c’est l’Homme. C’était cela l’esprit du projet de Jean Monnet et de Robert Schumann ».

Il constatait le retour de l’idéologie du « tout finance » et la nécessité de remettre au cœur du projet européen les citoyens, les leaders syndicaux, les associations, les chefs d’entreprises… Ceux-là même qui bâtirent les fondements de la construction européenne et qui, aujourd’hui, « ne sont plus visibles à Bruxelles ».
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